PestiRiv, l’étude sur les pesticides qui inquiète les vins de Bordeaux

Santé publique France et l’Agence nationale de sécurité sanitaire lancent une étude inédite sur l’exposition aux pesticides des riverains d’exploitation viticole.

L’étude n’a pas encore commencé, mais elle inquiète déjà la filière viticole. Au point que Bernard Farges, le patron du très influent Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux (CIVB) a pris sa plume, début octobre, pour s’en émouvoir auprès de la préfète de la région Nouvelle-Aquitaine, Fabienne Buccio. L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) et Santé publique France (SPF) ont annoncé, mardi 19 octobre, le lancement de PestiRiv, la plus grande étude d’exposition aux pesticides des riverains d’exploitation viticole conduite à ce jour en France. L’étude se déroulera en deux temps : d’octobre 2021 à février 2022, puis de mars à août 2022 pour inclure une période de traitements. Les résultats finaux ne sont pas attendus avant 2024.

Le représentant des viticulteurs bordelais prévient la préfète que son organisation ne participera pas à la prochaine réunion prévue le 10 novembre. Le Président du CIVB craint un focus sur le vignoble bordelais et ne veut pas que Bordeaux soit de nouveau le bouclier derrière lequel les autres vignobles français peuvent s’abriter. Le département ne sera pas le seul territoire concerné par PestiRiv. Les volontaires vont être recrutés à partir du 25 octobre sur 162 sites répartis dans six grandes régions viticoles de France : Nouvelle-Aquitaine, Grand-Est, Occitanie, Provence-Alpes-Côtes d’Azur, Auvergne-Rhône-Alpes et Bourgogne-Franche-Comté.

Des analyses de cheveux et d’urines doivent être conduites auprès de 1500 adultes et 750 enfants vivant à moins de 500 mètres des vignes et à plus d’un kilomètre de toute autre culture. L’exposition de cette population sera comparée à celle de 750 adultes et 350 enfants vivant à plus de 5 kilomètres de toute exploitation agricole et à plus d’un kilomètre de toute autre culture. Ces analyses biologiques seront couplées avec d’autres mesures environnementales : présence de pesticides dans l’air et dans les légumes du jardin, usage de produits insecticides au domicile.

Maladie de Parkinson et leucémies pédiatriques

Une cinquantaine de pesticides, sur les quelques 400 autorisés en Europe, seront passés au crible : ceux qui sont à la fois les plus toxiques, les plus utilisés sur le raisin et/ou au cœur de controverses scientifiques. Seront en particulier recherchés le folpel, le glyphosate, classé cancérigène, ainsi que différents fongicides de la classe des inhibiteurs de la succinate déshydrogénase.

Le cas du folpel est emblématique, car il fait partie des 10 substances actives les plus fréquemment retrouvées dans l’air en France. Utilisé comme le mildiou , le « fongicide de la vigne » est considéré comme possible cancérigène par l’Agence européenne des produits chimiques. Plusieurs publications scientifiques montrent une association entre la survenue de pathologies, dans certains territoires, et la densité d’exploitations viticoles dans ces mêmes secteurs. Selon une étude française, la prévalence de la maladie de Parkinson est supérieure de 10 % dans les cantons où la vigne est la plus présente, par rapport à ceux où elle l’est le moins. D’autres travaux quant à eux, mentionnent une incidence légèrement accrue de certaines leucémies pédiatriques, en lien avec la proximité d’exploitations viticoles.

Cependant, ces études sont fondées sur des données uniquement géographiques : elles ne permettent donc pas d’associer les maladies en question avec des molécules et ou des familles de molécules. L’étude devrait aussi amener à établir une relation entre la proximité du domicile avec les parcelles et le niveau d’exposition des riverains. Et, ainsi, permettre d’appuyer sur des données solides. De son coté, le gouvernement a fixé, fin 2049 des ZNT beaucoup plus réduites : 3 mètres, 5 mètres, 10 mètres et, très exceptionnellement 20 mètres, en fonction de la dangerosité et du mode d’épandage des pesticides, ainsi que du type de culture concernée. Concernant les vignes, le gouvernement a obtenu la distance de 3 mètres.

Toujours plus aux Hospices de Beaune !

Même dans ses rêves les plus fous, François Poher, le directeur des Hospices de Beaune n’imaginait sans doute pas qu’avec à peine 350 pièces de vins, la vente 2021 avait la moindre chance d’atteindre les chiffres de 2020 où 630 pièces avaient été vendues aux enchères. Et on n’est pas passé très loin de l’exploit puisqu’avec 11,7 millions d’euros (hors frais), la vente des vins du millésime 2021 n’échoue qu’à un gros million de la précédente qui avait totalisé un peu plus de 12,7 millions.

Cette vente en dit dans tous les cas très long sur l’état du marché des vins de Bourgogne qui se trouve aujourd’hui dans la situation à haut risque d’une récolte 2021 historiquement faible avec dans le même temps un marché mondial toujours aussi avide de vins de Bourgogne, le tout avec un risque évident de surchauffe sur les prix. Car si les cours de la vente des vins des Hospices de Beaune ont flambé, il en est de même partout aujourd’hui, des appellations régionales aux grands crus, avec de fréquente hausse de 50% et parfois beaucoup plus sur les cours. On n’a pas fini de payer, au propre comme au figuré, le satané gel du mois d’avril 2021.

BEAUNE, LE 21 NOVEMBRE 2021 – Dans la salle comble sous la Halle de Beaune, avec 700 personnes présentes, la 161e édition de la vente aux enchères des vins des Hospices de Beaune a atteint un total de 12.6 millions € frais inclus (11.7 millions € prix marteau) largement au-delà de son estimation de 2.2 – 7.8 millions €. Les 362 lots ont tous trouvé preneur, chacun au-dessus de leur estimation haute. Avec l’ajout de la Pièce des Présidents, qui s’est vendue pour un montant record de 800.000 €, le total des fonds collectés au profit des Hospices Civils de Beaune et des associations partenaires s’élève à 13,5 millions €.

En vedette de la vente, la Pièce des Présidents, pièce de charité était vendue au profit de la Fédération Nationale Solidarité Femmes qui lutte au quotidien contre les violences faites aux femmes, et de l’Institut Curie, dans le cadre de leur programme de recherche médical contre le cancer du sein. Cette exceptionnelle cuvée de Corton Renardes Grand Cru 2021 – pièce unique – a atteint 800.000 €, établissant un nouveau record pour une pièce de charité des Hospices de Beaune, et éclipsant le précédent record établi en 2020.

Les deux associations étaient représentées par Jeanne Balibar, actrice et réalisatrice, et Pio Marmaï, acteur, marraine et parrain de la vente de cette année, qui sont tous deux montés à la tribune pour susciter encore plus d’enthousiasme pour ce lot très attendu. L’ouverture des enchères s’est faite au son de “Respect” d’Aretha Franklin, et au cours d’une mémorable bataille d’enchères de 15 minutes, le public a applaudi à tout rompre pour faire monter les enchères. Cette pièce de charité unique au monde, de 228 litres, sera vinifiée et élevée intégralement dans un fût spécialement conçu pour elle, baptisé “Vision” et façonné en chêne bourguignon par la très respectée Tonnellerie François Frères, située à Saint Romain.

L’ensemble des fonds récoltés lors de la vente annuelle contribue à la modernisation des équipements et des bâtiments hospitaliers des Hospices Civils de Beaune. Le produit de la vente de cette année et des ventes futures permettront d’achever la reconstruction de l’hôpital de Beaune, à hauteur de 70 millions d’euros. Les fonds serviront également aux projets du musée de l’Hôtel Dieu, retardés par la crise sanitaire.

Trois commissaires-priseurs se sont succédés tout au long des six heures de vente. Au total, 50 cuvées différentes du millésime 2021 en primeur ont été présentées lors de la vente aux enchères avec 349 pièces et cinq feuillettes, dont 293 pièces et deux feuillettes de vins rouges ; 56 pièces et 3 feuillettes de vins blancs, ainsi que 6 pièces de marc de Bourgogne et une pièce de fine de Bourgogne.

La vente de cette année, avec 362 lots, a atteint un prix moyen par lot de 34 980 €. En 2020, 638 lots avaient été vendus pour un montant moyen de 21 690 €, ce qui représente une augmentation de plus de 60 % du prix par lot cette année. L’augmentation moyenne du prix par cuvée a été de 85%, par rapport à l’année dernière, les cuvées de vins blancs ayant augmenté de 115% et celles de vins rouges de 56%.

Le vin bio a meilleur goût

Leur dernière étude, datant de février et conduite sur 128 182 vins français, suggère ainsi que les notations des vins bio sont, toutes choses égales par ailleurs supérieures à 6,2 points à celles des conventionnels. Il faut rajouter 5,6 points supplémentaires pour les bouteilles issues d’exploitations en biodynamie.

Les premières enquêtes de la chercheuse indiquent de manière surprenante qu’en Californie les domaines qui font leur transition vers le bio, et qui l’affichent sur leurs flacons, ne parviennent pas à monter le prix de vente de leur bouteille. Une nouvelle question se pose, puisque les vignerons qui passent au bio réussissent à valoriser leur production sans en informer leurs clients. Le changement de pratiques agricoles améliore le produit ? Les deux chercheurs ont assemblé plus de 74 000 notations de vins uniquement californiens, publiées entre 1998 et 2009 dans trois guides de référence. Ils ont ensuite harmonisé les différentes échelles de notations et ont passé cette base de données au crible d’une analyse statistique, en contrôlant différentes variables : cépage, région de production, millésime, etc. En cherchant à comparer les vins, toutes ces variables égales par ailleurs, le score moyen d’un vin californien certifié « bio » ou « biodynamique » est plus élevé de 4,1 points que le score d’un conventionnel.

La première vertu d’un scientifique étant le scepticisme, les deux chercheurs ont cherché à reproduire l’expérience. Si l’effet de la certification bio ou biodynamique noté aux Etats-Unis n’est pas le fruit du simple hasard, alors des résultats comparables devraient être trouvés dans d’autres pays. En France, par exemple, où il existe suffisamment de vins éco-certifiés pour pouvoir distinguer le bio de la biodynamie. Dès leur première publication achevée, les deux chercheurs se sont ainsi attelés à rassembler les notations de trois autres guides dégustant à l’aveugle ou en semi-aveugle.

Résultat ? Les vins bio présentent une surcote de 6,2 points par rapport aux conventionnels, et les biodynamiques présentent un écart de même ordre avec les vins bio. Pour justifier ces résultats, les deux chercheurs citent plusieurs travaux indiquant que le recours moindre aux pesticides et fertilisants de synthèse permet de conserver la biodiversité des parcelles, la faune et la vie microbienne des sols. Pourquoi alors, si les sols « bio » et biodynamiques semblent similaires, les vins issus des derniers sont-ils mieux notés ? La biodynamie est décriée pour ses liens avec l’anthroposophie et ses pratiques ésotériques (décoctions sans effet démontré, enfouissement dans les parcelles de cornes de bovins emplies de lisier, respect de cycles astraux,…), mais elle diffère aussi de l’agriculture biologique par un cahier des charges qui encadre plus strictement l’usage de certains produits dans les vignes et les méthodes de vinification – autant de différences qui pourraient expliquer les conclusions des deux chercheurs.

Depuis la publication de leur dernière étude, d’autres données sont venues renforcer les conclusions des deux chercheurs. Dans leur étude, ils ne voyaient pas la différence de notations entre les vins HVE et les autres conventionnels. Le goût du vin, suggèrent en définitive ces travaux, est peut-être la plus fidèle du soin que les vignerons prodiguent à leur terre.

Bonnes fêtes et meilleurs vœux 2022


Cette année a été encore difficile mais malgré les conditions actuelles, toute l’équipe d’AB CONSULTANT tient comme chaque fin d’année à vous présenter ses meilleurs vœux pour 2022 !

Que cette nouvelle année vous apporte la réussite professionnelle, et une belle occasion également de vous tourner vers une agriculture plus saine, plus écologique voire bio avec des programmes de traitements adaptés répondant de plus en plus aux désirs et à la recherche des consommateurs.

Venez nous rejoindre ! Vous serez les bienvenus !

Nous restons à votre disposition pour échanger sur nos programmes et vous rappelons que vous trouverez l’ensemble des documentations techniques et commerciales sur notre site internet : https://www.ab-consultant.fr

En attendant, vous pouvez télécharger notre plaquette commerciale et consulter l’un de nos programmes de production animales et végétales.



Prenez soin de vous et de vos proches



BONNE ANNÉE 2022

Des traces de pesticides dans les vins certifiés « haute valeur environnementale »

Vingt-deux bouteilles ont été analysées. Toutes contiennent des résidus de substances potentiellement perturbateurs endocriniens ou cancérogènes.

Ce sont des vins qui se revendiquent de pratiques vertueuses ou bénéficient de la certification « HVE », comprendre « haute valeur environnementale ». Biodiversité, irrigation, stratégie phytosanitaire… « HVE » est une certification censée distinguer « les exploitations engagées dans des démarches particulièrement respectueuses de l’environnement ». A la différence du label bio, cette certification ne garantit pas le non-recours aux pesticides.

Au total, 28 substances actives différentes ont été retrouvées avec une moyenne de 4 substances par bouteille. Toutes les bouteilles contiennent des molécules dont les effets sont considérés comme potentiellement perturbateur endocrinien. Dans onze bouteilles, des traces de substances classées cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques (CMR) probables ont été mises en évidence. Et 9 bouteilles renferment au moins un SDHI, ces fongicides dont la toxicité inquiète les scientifiques spécialisés.

L’association a classé les bouteilles en fonction du nombre de substances retrouvées. Avec 15 substances détectées dont 14 PE, un SDHI et même un néonicotinoïde, le thiamétoxame, le Château Lauduc Bordeaux rouge 2018 arrive en tête de liste. Arrive en 2ème de la liste avec 13 molécules détectées, le Lalande de Pomerol 2015. Dans ce classement, le Château Vieux Cassan AOP Medoc rouge 2016 se distingue pour son niveau de résidus de Folpel. Le « fongicide de la vigne » est classé CMR probable par l’Organisation mondiale de la santé. Pour le Folpel, comme pour les autres molécules, les teneurs retrouvées sont à chaque fois « très largement inférieures » aux limites maximales de résidus autorisés.

Des traces de néonicotinoïdes trouvées dans 10 % d’aliments végétaux

L’ONG Générations futures a passé au crible les résultats publics des contrôles effectués par la direction générale de la répression des fraudes. Des produits provenant de 32 pays présentaient des traces de résidus.

Plus de 10 % d’échantillons d’aliments d’origine végétale contrôlés en 2017 présentaient des traces de résidus de néonicotinoïdes, ces insecticides « tueurs d’abeilles » controversés que le gouvernement veut réintroduire temporairement.

L’ONG, spécialisée dans la lutte contre l’usage des produits chimiques en agriculture, a passé au crible les résultats publics des contrôles effectués par la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes sur les résidus de pesticides dans les aliments d’origine végétale.

Sur 4598 échantillons non bio examinés, 10,68 % présentaient des traces de néonicotinoïdes. Parmi ces derniers, 28,5 % contenaient des traces de plusieurs de ces produits.

Des produits de 32 pays

La Chine arrive en tête des pays d’origine avec ces seuls 157 produits, suivie par la France avec 79 échantillons présentant des traces de résidus. Des produits provenant de 32 pays présentaient des traces de résidus, dont les 2/3 issus de pays hors Union Européenne. Après les avoir interdits en 2018, le gouvernement a accepté d’accorder à compter de l’an prochain des dérogations temporaires pour l’usage de néonicotinoïdes.

LE CYCLE DE LA VIGNE

Avant de donner du raisin, la vigne passe par divers stades de développement qui vont influencer la qualité de la récolte.

Les « pleurs »

Dès la fin du mois de février, la vigne sort de son sommeil hivernal. Le cycle végétatif du nouveau millésime s’amorce. avec le réchauffement du sol, en mars, la sève circule à nouveau dans la plante et, parvenue à l’extrémité des sarments, goutte au niveau des plaies de la taille effectuée durant les frimas. Ce sont les « pleurs », signaux pour le viticulteur, de la reprise de l’activité du système racinaire.

Débourrement

Au fil des nouveaux beaux jours, des bourgeons apparaissent le long des sarments. A leur extrémité se trouve un coton à l’aspect laineux, qui protège les futures grappes et feuilles. Les plaies de la taille cicatrisées, le système circulatoire de la plante se retrouve sous tension. Cette dernière, conjuguée aux effets de l’humidité et de l’élévation de la température (10° au minimum), entraîne un gonflement des bourgeons, qui finissent par se fendre. C’est le débourrement. Chaque bourgeon donne naissance à un nouveau sarment. Cette période est sensible aux gelées printanières. Le débourrement intervient de 20 à 35 jours après les pleurs.

Feuillaison

En avril les bourgeons se transforment en nouvelles pousses et les feuilles commencent à se développer. Elles sont le siège de la photosynthèse, ensemble de réactions biochimiques et photochimiques permettant la formation composés organiques, utilisés par la plante pour son développement. Les sucres en font partie. En mai, les inflorescences apparaissent, annonçant les futures grappes, formées de minuscules boutons qui ne demandent qu’à grossir et à s’épanouir en fleurs.

Floraison et fécondation

Début juin, la floraison constitue le stade d’épanouissement de la fleur, appelée anthèse. Elle intervient environ 8 semaines après le débourrement, et dure de 8 à 15 jours. Elle est favorisée par un temps ensoleillé, chaud et sec. Chaque grappe porte de 100 à 200 fleurs. La fleur de vigne a la particularité d’éclore par le bas, contrairement aux autres fleurs qui s’ouvrent en corolle. Le capuchon floral se détache par la base et dévoile les organes reproducteurs. L’organe femelle, le pistil, est de forme conique et contient un ovaire renfermant des ovules. L’organe reproducteur mâle présente cinq étamines, en forme de filaments. Chaque étamine porte à son extrémité un petit sac de pollen, appelé l’anthère. En cas de croissance trop rapide ou de mauvais temps, la vigne ne fleurit pas correctement, ni complètement, et l’on assiste à la coulure de la fleur, qui se dessèche avant d’être fécondée.

Nouaison

En juin, la fleur se fane et tombe. L’ovule fécondé va donner naissance à un fruit : le grain de raisin. C’est la nouaison, car quand le grain apparaît complètement, on dit qu’il est « noué.

Véraison

A partir de la mi-juillet, la phase de croissante ralentit. Les baies se chargent en couleur. C’est la véraison. Le pigment principale n’est plus la chlorophylle : la couleur passe du vert au rose, puis du bleu-rouge au noir pour les cépages colorés et du vert au translucide ou jaunâtre pour les cépages blancs. La véraison s’étale environ sur 8 à 15 jours, voir plus.

Maturation

Cette seconde phase de croissance correspond au mûrissement des raisins. Elle dure de 35 à 55 jours, d’août à début octobre. Les baies augmentent de volume, se chargent l’éléments minéraux (potassium), acides aminés, composés phénoliques et de sucres. Cette augmentation de la concentration de sucres s’accompagne d’une baisse de celle des acides.

Repos végétatif

A partir de mi-novembre, les feuilles deviennent rouges ou jaunes, sèchent et commencent à tomber, c’est le début du repos végétatif de la vigne. La sève a rejoint le tronc et les racines. La vigne va hiberner jusqu’en mars.

A quoi sert le soufre ?

EN PARTENARIAT AVEC MY VITIBOX – Le soufre permet de stabiliser le vin et tous les vins n’ont pas besoin de la même dose de soufre pour se stabiliser !

Le soufre est naturellement synthétisé en très petite quantité lors de la fermentation mais peut aussi être ajouté par le vinificateur. Il a trois effets sur le vin. C’est un antiseptique puisqu’il anéantit les bactéries présentes dans le vin ou dans le chai et évite le développement de maladies qui pourraient altérer le goût du vin. Le soufre a des propriétés d’antioxydant qui garantissent au vin de ne pas s’oxyder au contact de l’air. Les vignerons utilisent cet additif depuis le XVème siècle, souvent sous forme de sulfites en poudre. Le soufre peut être utilisé lorsque le raisin est encore à l’état de fruit ou de jus, pendant les vendanges ou au chai avant la fermentation, jusqu’à ce stade il est déjà extrêmement sensible à l’oxydation et aux maladies. Les vignerons incorporent du soufre à la fin du processus de vinification, au moment de la mise en bouteille, pour stabiliser le vin jusqu’à ce qu’il soit dégusté. Enfin, lorsqu’il est utilisé pendant la fermentation, le soufre a pour troisième effet de ralentir l’action des levures ce qui a pour conséquence d’arrêter la production d’alcool dans le vin.

Tous les vins n’ont pas besoin de la même dose de soufre pour se stabiliser. Les vins rouges sont protégés de l’oxydation par leurs tanins qui les rendent résistants. Les vins blancs et les rosés contiennent moins d’antioxydants naturels, les vignerons les protègent plus en utilisant une dose de soufre plus élevée. Les vins contenant plus de soufre sont les liquoreux car ils contiennent beaucoup de sucre, les levures pourraient continuer à produire plus d’alcool.

Les vignerons s’engagent à respecter les 70mg/L de sulfites maximum pour un vin rouge, aujourd’hui, de plus en plus de vins sans soufre voient le jour.

Etiquette connectée : la technologie NFC modernise votre packaging

L’habillage du vin s’approprie le « sans contact » de nos cartes bancaires. La technologie NFC (Near Field Communication) ouvre de nouvelles possibilités pour le commerce du vin à portée de smartphone. Gage d’authenticité et outil logistique, l’identification par radiofréquence (RFID) devient un atout de marketing digital.

C’est quoi la technologie NFC ?

Le tag NFC, aussi appelé inlay, est un émetteur passif qui utilise les ondes radio. La puce électronique transmet les informations via son antenne qui capte l’énergie fournie par n’importe quel smartphone, Android ou Iphone, placé à proximité du tag. Support fin et de petite taille, il se glisse de manière invisible sous l’étiquette adhésive fraîchement imprimée ou est ajouté sous forme de pastille sur vos vins déjà étiquetés.

Avery Dennison est le plus important partenaire au monde sur la technologie avec plusieurs centres de R&D et sites de production dans chaque région du monde.

Une étiquette connectée, ça sert à quoi ?

La technologie NFC permet la traçabilité de chaque bouteille pour mieux connaître son circuit de distribution. La bouteille est localisée à chaque fois qu’elle passe un portique de lecture dédié. Si votre bouteille est destinée au marché américain et qu’elle est scannée en Chine, vous identifiez immédiatement quel maillon de la chaîne de distribution a posé problème. Le consommateur qui se connecte à la bouteille devient aussi un allié dans la connaissance ciblée du marché. Grâce à la géolocalisation, vous pouvez savoir en temps réel où se trouve la bouteille et si le consommateur la scanne dans un magasin, un restaurant ou à son domicile.

Communiquer sans limite avec le consommateur

Pour le vigneron ou le négociant, introduire la technologie NFC, c’est la possibilité de communiquer et de créer un lien directement avec son client. La technologie NFC peut ainsi donner accès à des informations aussi précises que la parcelle où le raisin a été récolté, la date de vendange ou de mise en bouteille.

La technologie NFC annonce le futur de l’étiquette. L’habillage de votre vin est ainsi conçu à votre image et dépasse le support papier pour séduire le consommateur. Toujours vous présenter sous votre meilleure étiquette, c’est la question du prochain article de l’Atelier du Packaging.

Les clés de demain

« L’IoT permet d’aller vers une viticulture plus raisonnée et plus écologique »

La viticulture, comme l’ensemble des autres secteurs d’activité, peut bénéficier des apports de la technologie et du numérique pour améliorer ses conditions de production et même ses produits. Tous les types de domaines peuvent en bénéficier, comme l’explique Christophe Borde, Portfolio Marketing Leader pour Watson IoT.

De quelle manière le secteur de la viticulture peut-il tirer parti de l’Internet des objets ?

Christophe Borde – L’Internet des objets (IoT) est un des vecteurs fondamentaux de la transformation des entreprises et touche tous les secteurs, y compris le monde agricole, qui est déjà plutôt bien équipé en technologie. Dans le domaine du vin, il va par exemple s’agir d’analyser des historiques de production, mais aussi des informations sur la météo, sur la température et l’humidité des sols grâce à des capteurs posés près des pieds de vigne. On peut aussi envisager de recourir aux images satellites de parcelles de vignes. Autant de données qui peuvent être utilisées par des solutions d’Intelligence Artificielle pour améliorer la production viticole, limiter la consommation d’eau ou encore faire de l’analyse prédictive pour, par exemple, anticiper des intempéries.

Dans quel but l’exploitation agricole E. & J. Gallo Winery, aux États-Unis, a-t-elle décidé d’utiliser Watson, la solution d’intelligence artificielle d’IBM ?

C. B. – Cette importante exploitation agricole familiale californienne s’est appuyée sur Watson, pour optimiser la gestion de la vigne, en particulier la quantité d’eau utilisée pour l’arrosage. La totalité du vignoble a été découpée en une grille de parcelles de 30 mètres sur 30, alignée sur l’image satellite de la Nasa. Un plan d’irrigation, fondé sur les données météo et les niveaux d’humidité du sol, a alors été appliqué à chaque bloc de vigne. Ce mode d’irrigation très pointu et contrôlé a permis de réduire de 25 % la consommation d’eau et d’améliorer la qualité du raisin en permettant à tous les grains de mûrir à la même vitesse. L’innovation a été récompensée par un Vintage Report Innovation Award, décerné en 2015 par la Bank of the West (groupe BNP Paribas).

À quels autres objectifs peuvent correspondre ces usages ?

C. B. – La meilleure connaissance de la maturité de la vigne, combinée à des prévisions météo fines, permet de mieux localiser les risques. Ils peuvent être minimisés en décidant de vendanger plus tôt des parcelles qui seraient particulièrement exposées aux orages ou à des phénomènes météorologiques extrêmes, qui sont de plus en plus fréquents. On pourrait aussi recourir à l’IoT et aux sciences cognitives pour limiter les produits phytosanitaires utilisés sur la vigne ou aider les viticulteurs à mener des actions préventives autres qu’avec les pesticides. L’IoT permet d’aller vers une viticulture plus raisonnée et plus écologique, pour obtenir des produits meilleurs pour le client et pour la santé. Ces technologies sont aujourd’hui de plus en plus accessibles et simples à utiliser. Des réseaux comme LoRa ou Sigfox permettent de récupérer de la donnée à des coûts très faibles en minimisant l’énergie nécessaire pour les capteurs. Dans la chaîne logistique, des technologies comme l’IoT ou la Blockchain offrent aussi une meilleure traçabilité des produits.

Comment la technologie peut-elle être utilisée par les amateurs de vin ?

C. B. – Les applications communautaires sont l’occasion de partager des crus qui sortent des sentiers battus et qui mériteraient d’être plus connus. Certaines permettent de faciliter les achats sur des segments spécifiques, comme l’application PinotBleu qui propose une plateforme avec des vins de vignerons respectueux de l’environnement et de leur terroir. Watson peut aussi être utilisé pour trouver les meilleures recommandations en fonction des goûts, des associations mets-vins les plus intéressantes, des découvertes… Les assistants virtuels, textuels ou vocaux, sont une autre utilisation. Certaines personnes gèrent leur cave grâce à des applications. Il y a encore beaucoup d’applications à inventer !

Et parce que ce sont les fêtes, je ne peux conclure sans vous recommander quelques coups de cœur :
– Un Gigondas et un Vaqueras qui existent en bio
– Un Menetou-Salon, qu’on m’a fait découvrir et que j’adore
– Et un Saint-Estèphe, pour ne pas complètement trahir sa région, comme le Château de Côme par exemple.